La sélection est la plus fournie de toutes, et la plus hétérogène. On y trouve des lignes en propre, des annuaires qui en recensent d'autres, des guides qui expliquent la facturation sans rien vendre, et un journal consacré à une pratique particulière. Ils ne rendent pas le même service, mais ils répondent tous à la même question du lecteur : à quoi m'engage cet appel, et qu'est-ce que j'obtiens en échange ?
Ce que recouvre le mot
L'expression vient d'une époque où la conversation érotique passait par le Minitel et ses messageries, avant que le téléphone ne prenne le relais avec les lignes audiotel. Le principe n'a pas changé depuis : on paie une mise en relation et une durée, pas un contenu enregistré. C'est ce qui distingue le téléphone rose d'une vidéo ou d'une webcam, et ce qui en fait un format à part, fondé sur la voix et sur l'imagination de celui qui écoute.
Trois modes de paiement coexistent aujourd'hui. Le numéro surtaxé, commençant par 08, facture la minute directement sur la facture téléphonique, et son tarif doit être affiché à côté du numéro. L'audiotel à l'appel prélève un forfait à chaque appel, plus le coût ordinaire de la communication : Porno et Sexe en explique le détail. Le paiement par carte bancaire, enfin, achète un crédit de temps. Chaque formule a sa logique, et aucune n'est gratuite.
Où trouver un numéro gratuit, ou pas cher
C'est la question la plus posée, et celle qui appelle la réponse la plus franche. Une ligne de téléphone rose rémunère une personne au bout du fil : quelqu'un paie forcément. Les numéros présentés comme gratuits sont le plus souvent des numéros surtaxés présentés sous un autre angle. Monacool en fournit l'exemple, avec un numéro unique décliné sous plusieurs présentations, dont une présentée comme gratuite, tout en affichant son tarif et en renvoyant vers l'Arcep et le service infosva.org, qui permet de retrouver l'éditeur d'un numéro surtaxé.
Pour payer moins, la seule méthode fiable consiste à lire le tarif avant d'appeler et à comparer. Telrose Téléphone Rose et Sensuelle 59 affichent leur coût à la minute ; d'autres, comme Hot Brésil, ne l'indiquent pas, et leur note s'en ressent. Ardentes consacre une page entière aux lignes non surtaxées et un angle complet aux arnaques à la facturation : c'est un guide, pas une ligne, mais c'est sans doute la lecture la plus utile avant un premier appel.
Le métier derrière la ligne
Comment travaille-t-on sur une ligne de téléphone rose ? Le plus souvent depuis chez soi, à des horaires choisis, et payé à la commission sur le temps de conversation plutôt qu'au salaire fixe. Le blog Cœur à Corps, classé dans la sélection des blogs, détaille ce métier du côté des hôtesses. Ce palmarès ne donne aucun chiffre de rémunération : les montants varient selon les plateformes et aucune source vérifiable ne permet d'en fixer une moyenne.
Ce versant du métier explique aussi un critère de la note. Une ligne qui montre des visages d'hôtesses générés par une intelligence artificielle, comme le font Telrose Téléphone Rose et Sensuelle 59, ne trompe pas sur le service, puisque la voix reste humaine, mais elle installe une distance entre l'image et la personne. Les fiches le relèvent comme une réserve, sans en faire une faute.
Comment ce palmarès départage les lignes
La note récompense d'abord la franchise du tarif, ensuite la régularité des horaires, enfin la qualité de la présentation. Une ligne disponible jour et nuit, comme celles de Telrose Téléphone Rose, RefAdulte ou Sexe à Fond, gagne sur la régularité ; une ligne qui n'ouvre qu'une partie de la journée, l'après-midi et le soir pour Liberty Najé, le soir et la nuit pour Hot Brésil, compense par une spécialisation plus marquée. Les annuaires, Annuaire Sexe Porno et Annuaire Érotique en tête, se jugent sur l'étendue et la clarté de leur catalogue.
Restent les guides et le journal, qui ne vendent aucune ligne. Aline Manent tient un journal sur la domination au téléphone, attentif au consentement et au cadre ; Ardentes et Porno et Sexe expliquent la facturation. Leur place au palmarès tient à ce qu'ils apprennent au lecteur, pas à ce qu'ils lui facturent. Un festival a besoin de ses documentaires autant que de ses films d'ouverture.