Les faits relevés sont peu nombreux. Le site est gratuit, consultable sans compte, ouvert à toute heure et tourné vers la France. Il obtient 6,8, la note la plus basse de la sélection des vidéos. Ce dernier rang ne tient pas au contenu, que ce palmarès ne juge pas, mais à ce que le site accepte de montrer de lui-même.
Un carton d'avertissement bien posé
Premier mérite, et il n'est pas mince : l'avertissement de majorité s'affiche avant tout accès. Le visiteur ne tombe pas sur une page d'accueil explicite en arrivant d'un moteur de recherche ; il doit d'abord passer une étape qui lui rappelle la nature du site. Le droit français exige désormais davantage qu'une simple déclaration pour contrôler l'âge, et cette fiche ne dit pas que l'avertissement suffit. Elle constate qu'il existe et qu'il est placé là où il doit l'être.
Second mérite, le site est référencé auprès du label RTA, pour Restricted To Adults. Ce label est une balise lue par les logiciels de contrôle parental : un appareil équipé d'un tel filtre bloque automatiquement le site. C'est un geste simple, gratuit pour l'éditeur, et qui rend service aux familles sans rien retirer aux adultes. Tous les tubes de la sélection ne le signalent pas.
Troisième élément favorable, la consultation se fait sans création de compte. Une fois l'avertissement accepté, le visiteur n'a rien à fournir : ni adresse, ni pseudonyme, ni moyen de paiement. Pour un tube qui ne vend rien en propre, c'est la cohérence même, et le palmarès le porte à son crédit.
Le rideau qui ne s'ouvre qu'après coup
La première réserve est la conséquence directe de la première qualité. Aucune rubrique n'est visible avant d'avoir accepté l'avertissement. Le visiteur ne peut donc pas savoir ce que propose le site, comment il est organisé ni ce qui l'attend, avant d'avoir franchi la porte. On s'engage sans avoir vu le sommaire. D'autres sites de la sélection parviennent à montrer leur organisation générale sans rien exposer d'explicite, et la comparaison joue contre celui-ci.
La seconde réserve est plus lourde. Aucune mention légale, aucune année de copyright ne sont affichées. Le visiteur ne sait pas qui édite le site, dans quel pays, ni depuis quand. Il ne sait pas non plus à qui écrire. Un film sans générique peut être un parti pris artistique ; un site sans éditeur identifié est surtout un site dont personne ne répond. C'est ce manque, plus que tout autre, qui place Amateur Français en queue de sélection.
Une alternative mieux classée ne ferait pas forcément mieux sur l'avertissement ou sur le label. Elle ferait mieux sur l'identité de l'éditeur, et c'est précisément ce que font les sites placés au-dessus.
Le spectateur pour qui l'entrée suffit
À la sortie, le verdict tient en une phrase : un tube discret, bien balisé, qui ne sait pas encore dire qui il est. Cela suffit à l'amateur qui veut regarder gratuitement, sans compte, et qui voit d'un bon œil un site adulte se signaler lui-même aux filtres parentaux ; pour lui, la séance se justifie. Cela ne suffit pas à celui qui veut connaître l'éditeur avant de consulter quoi que ce soit, ou feuilleter un sommaire avant d'entrer. Pour ce dernier, la projection commencera le jour où un générique apparaîtra, avec un nom, une adresse et une date.