Le site cumule un tube de vidéos amateurs et une section de rencontres. La consultation est gratuite, ne demande aucun compte et reste possible à toute heure ; une zone VIP, payante, s'ajoute à l'ensemble. La note de 7,3 le place au même niveau qu'un autre tube gratuit de la sélection, et cette égalité cache deux profils assez différents, ce qui rend la comparaison intéressante.
Une géographie et un dossier juridique
Le classement des vidéos par catégorie et par région, en France comme en Belgique, est le premier atout. Il donne au catalogue une géographie : le visiteur choisit une ambiance, mais aussi une zone. Pour un public francophone de part et d'autre de la frontière, c'est un repère que peu de sites de la sélection offrent, et c'est ce qui donne au site son identité propre.
Le deuxième atout est le plus solide, et il pèse lourd dans la note. Le jeu de pages légales est complet. On y trouve la déclaration 2257, qui oblige l'éditeur à pouvoir justifier de l'âge des personnes filmées, mais aussi un moyen de faire retirer une vidéo mise en ligne sans l'accord de qui y figure. Sur un tube qui accueille de l'amateur, cette seconde page n'est pas un luxe : c'est le recours de la personne qui découvrirait une vidéo d'elle publiée sans son accord. Peu de sites de cette sélection la proposent, et TaMeuf la place au même niveau que ses autres documents.
Troisième atout, l'accès de base. On consulte sans créer de compte, ce qui met le site au niveau des tubes les plus ouverts de la sélection pour la partie gratuite du catalogue.
Le carré VIP et les autres salles
La première réserve porte sur la frontière entre gratuit et payant. La zone VIP réserve plus de 500 vidéos aux visiteurs qui paient. Ce n'est pas caché, mais cela change la lecture du mot gratuit : l'accès l'est, le catalogue entier ne l'est pas. Le spectateur se retrouve dans la situation de celui qui entre au festival avec un badge public et découvre que certaines projections exigent une invitation. Le tarif de cette zone ne figure pas parmi les éléments relevés pour ce palmarès, et c'est la première chose à vérifier avant de s'y engager.
La seconde réserve se loge dans le pied de page, qui renvoie vers plusieurs sites partenaires appartenant au même réseau. Le visiteur qui clique croit poursuivre sa visite et change en réalité de site, avec d'autres conditions et un autre éditeur possible. Ce n'est pas interdit, et Mustvideos procède de la même façon, mais un étiquetage plus clair éviterait la confusion.
Ces deux points expliquent l'essentiel de l'écart avec le haut du classement. Une alternative qui ferait mieux devrait offrir un catalogue intégralement libre sans sacrifier le dossier juridique : dans la sélection actuelle, les tubes entièrement gratuits sont justement ceux dont les pages légales sont les plus minces.
Le public pour qui la projection vaut le détour
Belge ou français, attaché à l'idée qu'un recours existe en cas de contenu non consenti, prêt à se contenter de la partie ouverte du catalogue : le portrait du spectateur de TaMeuf se dessine sans peine, et c'est à lui que revient la séance. À l'inverse, qui veut tout voir sans payer finira tôt ou tard devant la porte du carré VIP. Mieux vaut alors en lire les conditions avant de sortir sa carte, et regarder où mène chaque lien du pied de page avant de cliquer.